COURANT ALTERNATIF --- chroniques du Calavon

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1 h 50 du matin



1 h 50 du matin

Dans une existence, il peut y avoir plusieurs histoires qui s’enchevêtrent, se superposent, commencent, finissent, se succèdent : vies professionnelles, vies sociales, vies sentimentales et d’autres encore ; autant de parcours qui jalonnent la construction d’une VIE.

Tout l’art consiste à mener d’une manière harmonieuse ces expériences, en gardant à l’esprit que l’on est rarement l’élément essentiel et que souvent nous ne sommes qu’une marionnette, un simple acteur, peut-être privilégié, évoluant avec ou à côté d’autres êtres humains, au grès des événements.

Peu à peu, on maîtrise de moins en moins la gestion de notre destinée. L’une ou l’autre ou plusieurs des problématiques de notre existence disparaissent. On se retrouve tout seul avec soi-même, avec des souvenirs, des nostalgies, une sorte de fatalisme qui nous prépare à quitter cette terre.

Finalement, à quoi servent toutes ces vies ? S’inscrivent-elles d’une certaine manière dans un schéma personnel qui participe à l’histoire de l’humanité ? Petites parcelles d’existence après ces 80 milliards d’autres déjà disparues dont les cendres s’accumulent ; mais pour quoi faire, pour dire quoi, par quelle volonté, si volonté il y a, et surtout pour quels nouveaux destins, si le destin existe après notre disparition.

Ou alors, chaque vie, dans ses composantes forme un tout, une entité qui naît et qui meurt, qui contient en elle-même la vérité et tout le mystère, qui ne veut rien dire, au-delà de ce qu’elle est à un certain moment, pendant ce laps infime de temps où elle croit exister.

Avec rien de plus qu’un arbre, ou alors si peu de plus, car ces existences, ces présences, sont toutes les deux figées, fixées par leurs racines avec pour l’homme à peine plus de liberté, prisonnier qu’il est de ses gènes et d’une histoire qu’il ne peut qu’assumer. La sève, comme le sang n’est qu’un alibi, une manière de nous faire croire que nous sommes traversés et alimentés par un courant mystique qui nous donne une dimension, c’est-à-dire une certaine grandeur. Cela flatte notre orgueil et surtout nous permet de continuer à croire que nous avons chacun une raison d’être.

Les interrogations sur DIEU sont innombrables. Elles font partie de la mécanique intellectuelle du cerveau humain, qui ne sait parler de ce grave sujet qu’avec ses mots à lui : on dit existence, amour, miracle, bonté, autant d’expressions qui n’ont rien à voir avec cette virtualité cosmique, peut-être créatrice et propriétaire de cet univers infini, qui n’a jamais commencé et qui ne se terminera jamais.

Cette perspective de l’inutilité de l’homme au milieu de ce gigantesque chantier qu’est l’univers, est tellement angoissante, qu’il a fallu inventer un souverain ayant nos qualités, nos sentiments, nos faiblesses, capable de nous rassurer et de nous donner, non pas de l’espoir mais une bonne raison de lutter contre notre désespoir.

Sommes-nous capables de nous situer par rapport à ce Dieu qui peut-être n’existe qu’en nous ! Ou sommes-nous Dieu, tous ensemble, grâce à ce renouvellement permanent de la vie, symbole évident de quelque chose de divin.

De même que l'infiniment grand est inclus dans l’infiniment petit, la perception collective de Dieu, que l’on appelle religion, est incluse dans notre conscience individuelle.

Il y a donc plusieurs vies dans une seule vie. Aucune n’est vraiment achevée. Toutes participent, à quoi, voilà le mystère à éclaircir ! On ne pourra jamais s’approcher de la Vérité car à l’image de la galaxie, notre recherche, au fur et à mesure qu’elle avance, s’ouvre d’autres horizons.


JLdL





18/09/2011
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