COURANT ALTERNATIF --- chroniques du Calavon

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Elle ne croit pas...

Elle ne croit pas...

Elle ne croit pas que les morts se retrouvent ‘ailleurs’. Elle pense qu’elle est sur terre au même titre que toutes les autres espèces, animaux et plantes ; que sa durée de vie sera incertaine et qu’elle s’endormira un jour pour disparaître à jamais dans le néant.

Elle ne peut pas croire qu’il y a un Dieu, car ce monde dans lequel elle évolue est un monde de misère et de tristesse, de haines, de guerres, d’atrocités en tous genres. Comment peut-elle imaginer qu’il a été pensé et construit par un Dieu !

Mais elle trouve dans sa vie quelques satisfactions, amour, gourmandise, enfants, voyages et autres ‘loisirs’ qui à ses yeux, rendent acceptable sa présence sur terre.

Elle n’a donc aucune préoccupation d’ordre métaphysique.

C’est ce qu’elle dit. 
Est-ce vraiment ce qu’elle pense ?

* * *


L’être humain a toujours eu peur de la nature qui l’entourait. Il n’a jamais pu réellement comprendre ce qui se passe autour de lui, occupé avant tout à survivre, en lutte perpétuelle contre les évènements et les autres hommes ; et peur aussi de ses propres pensées et de ses propres angoisses. Il a alors inventé les dieux, plein de dieux et déesses, qui faisaient peur eux aussi, mais que l’on pouvait adoucir grâce à des offrandes et dont certains étaient sensibles aux prières. 

Les religions sont nées de cette désespérance. Elles ont cherché à expliquer l’inexplicable, en inventant des problématiques plus ou moins crédibles à partir de références historiques ou de révélations jamais prouvées, qui décrétaient que la vie sur terre n’était qu’une étape ; et la mort une vraie résurrection dans un ciel où vont se retrouver toutes les âmes.

* * *


Le monde est devenu de plus en plus confus, de plus en plus inhumain au fur et à mesure que se développaient les civilisations et qu’augmentaient les populations. L’homme a connu le confort, le modernisme, une vie physiquement moins compliquée. Mais dès qu’il s’endormait dans cette espèce de sécurité, il était vite réveillé par des catastrophes terribles qui lui faisaient reprendre conscience de la précarité de sa situation.

Contrairement à toute logique, au lieu de se réfugier dans la croyance, beaucoup aujourd’hui ont retrouvé leur sérénité dans la négation totale de tout avenir au-delà de ce monde. 

C’est un geste de désespoir, l’expression d’un pessimisme inné : ‘Je suis rien, je suis né pour rien et je disparaîtrai à jamais. Il me faut donc profiter au maximum des rares plaisirs de cette vie, en ne tenant compte que de mes propres envies et désirs et en m’insérant le mieux possible au milieu de cette foule humaine’.

Ce raisonnement semble logique. On peut parfaitement imaginer que le cerveau humain a construit avec ses propres neurones tout cet échafaudage de croyances et de religions et qu’il s’en est servi pour permettre à l’humanité de supporter un peu mieux sa condition. 

Il n’y a en effet aucun signe véritablement probant, pour nous permettre de croire en autre chose. Car il nous faut des signes, il nous faut des preuves, il nous faut des appels auxquels nous puissions répondre. Et alors là, nous pourrions croire !

* * *

 

Mais alors, ce monde infini au-delà duquel il y a encore un infini, d’où vient-il ? Pourquoi ces planètes s’éloignent-elles à chaque seconde et où vont-elles ?

Cet univers ne peut être appréhendé par notre cerveau. En effet, nous n’utilisons qu’une microscopique quantité des milliards de neurones et de cellules qui attendent d’être activés. Il ne nous est donc pas possible de bâtir une hypothèse cohérente nous permettant non pas de savoir, mais d’envisager ce qui pourrait être une explication logique. 



 

Mais par contre, l’homme a-t-il le droit de se considérer comme étant à la convergence de l’infiniment grand et de l’infiniment petit. Notre monde terrestre est une parcelle de matière au sein de ce vaste système ; et l’homme, parce qu’il est le témoin, l’observateur de ce mystère, est donc inclus dans celui-ci ; il en est partie prenante, mais il ne connaît pas sa place exacte, et par le fait qu’il s’interroge sur son destin, même s’il considère que cette interrogation est un phénomène purement mécanique, il est obligé d’être saisi par l’incroyable immensité infinie de notre espace et il ne peut , en toute logique en déduire qu’il n’y a rien derrière tout cela. 




D’ailleurs, il y a des hommes et des femmes qui ont eu une évolution différente et qui ont acquis une sensibilité beaucoup plus affinée. Ils perçoivent des choses que le commun des mortels est incapable même d’imaginer. Ils ont atteint un autre niveau de conscience grâce à l’activation d’une certaine spiritualité et l’appropriation, à leur profit, de l’énergie cosmique qui les entoure. Cette capacité à s’imprégner de surnaturel se traduit par différentes formes de religiosités, de convergences d’un bout à l’autre de la planète.

Il y aurait donc, nous entourant de partout, une puissance cosmique, une sorte de réseau de toutes les énergies humaines disparues de la terre, des ondes, passant de l’un à l’autre des vivants, et des morts vers les vivants, et des vivants vers les morts.

Cette vue des choses est un regard d’espoir qui nous fait supporter notre condition humaine. Elle donne à notre vie une certaine continuité, grâce à un au-delà qui n’est pas le paradis aux cent vierges auprès d’un Dieu plein de mansuétude et d’amour ; mais une nouvelle énergie, différente de l’énergie vitale, plus puissante et peut-être ou peut-être pas, la dernière étape de notre évolution, mais cependant rassurante, ouverte à tous et à toutes, sans à priori. Ce Dieu, s’il faut l’appeler Dieu, n’est pas défiguré par les mots, par les prières, par les images. Il est tout et il n’est rien, il n’est qu’énergie, il n’est pas amour, il n’est pas punition, il ne juge pas, il est l’ infiniment grand et l’ infiniment petit, le point de convergence de ces deux mystères.

 

* * *


Cette dame ne croit pas. Et pourtant elle n’est pas satisfaite de cette situation, car au fond d’elle-même elle a besoin de dépasser sa condition humaine pour pouvoir la supporter. Elle a conscience que ses petites satisfactions personnelles sont totalement décalées par rapport aux grands mystères de la vie. Elle attend peut-être d’être initiée un jour, non pas par des gourous ou des clergés mais par sa propre introspection, par une plongée dans sa conscience, par une ouverture totale vers les autres, vers la nature, vers le mystère.

JLdL



24/05/2012
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