COURANT ALTERNATIF --- chroniques du Calavon

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l'infini du temps

l’infini du temps

Comme c’est étonnant une vie, quand, atteint par l’âge, on regarde en arrière, avec tous ces souvenirs qui traînent, ceux qui font pleurer et ceux qui font rire, et ces paroles qui résonnent encore... On se demande pourquoi tout cela, ce calendrier immuable et fatal, qui déroule son chemin de la naissance jusqu’à la mort. 

Certains et certaines, parmi nous, peuvent peut-être se dire qu’ils ont vraiment été au milieu d’une foule qui n’a fait que suivre, subir, paraître. Mais quelle est la profondeur de leur empreinte, dans cette immensité de temps et d’espace qui nous entoure.

On nous dit qu’il faut être modeste, faire preuve d’humilité devant ce Dieu qui nous a créé. Cela veut dire quoi au juste ? Que nous lui devons tout ?  Nos joies et nos tristesses, nos réussites, nos erreurs, mais dans quel but ? Ce qui est sûr, c’est que plus une incompréhension désespérante nous envahit, plus notre lucidité se réveille, et c’est la seule chose qui nous reste, pour assumer librement notre dimension d’être humain, car grâce à elle nous puisons au fond de nous-même les forces, pour résister, nous battre, croire et même peut-être vaincre. 

Ce monde se suicide, comme s’il avait enfin compris que c’était la seule solution à son problème, car il se découvre incapable de résoudre cette quadrature qui le pousse, d’un néant vers un autre néant.

Où sont donc ces grands prophètes d’antan qui savaient éclairer de leur lumière et qui rayonnaient leur énergie cosmique, et dont les paroles essentielles, sont venues jusqu’à nous, pour nous dire, qu’ hélas, nous n’étions que des hommes ; mais qu’il y avait en chacun d’entre nous une petite parcelle de cette énergie extraordinaire qui nous avait créé, qui était autour de nous, et dans l’univers ; et que c’était elle qui était capable de nous sauver, si nous avions la volonté de le faire et si cette volonté était inscrite. 

Nous sommes donc condamnés à vivre, en nous faisant croire que l’inutile est une fin en soi et la futilité nécessaire, et que surtout, il ne faut pas trop réfléchir et espérer seulement qu’il existe un absolu, une vérité fondamentale, l’essence de tout.

Destin incertain qui peut subitement se briser, ou au contraire nous voir disparaître peu à peu ; morts collectives, fruits de la folie des hommes. Tout est fait pour que les cadavres s’empilent les uns sur les autres, afin de nourrir la terre, et de nous convaincre que notre destin n’a aucune dimension.

Mais si vraiment nous sommes chacun des petits dieux, alors le mystère devient de plus en plus énigmatique et notre présence déjà ambiguë ne se justifie pas.

Il y a donc autre chose, une raison étrangère à notre connaissance, une justification, une petite lueur d’espoir, ce que l’on appelle vulgairement la foi, c’est-à-dire cette volonté indéfectible d’espérer, au-delà de l’angoisse et du malheur. 

Nous ne sommes pas seuls. La puissance de notre énergie cosmique est égale à celle de toutes les énergies qui nous embrassent, présentes en nous ou à côté de nous, avec celles d’avant et celles de demain, dans cette nébuleuse incroyable de l’Univers.

Nous ne servons à rien et en même temps à tout, car il n’y a pas de frontière entre le rien et le tout, entre le néant et l’être, dans une logique qui nous dépasse totalement. 

Il faut donc croire. Il faut que le feu intérieur que nous possédons nous réchauffe et nous comprenions que rien n’a encore été dit, mais que plus tard, d’autres prophètes parleront. Ce ne sont pas deux ou trois mille ans d’histoire qui comptent dans l’infini du temps.

J-LdL


 



22/02/2013
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