COURANT ALTERNATIF --- chroniques du Calavon

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Nos morts sont-ils vivants ?

Nos morts sont-ils vivants ?

Si vraiment les prières que nous transmettons à nos morts arrivent à destination, à une certaine destination, DIEU, le COSMOS ou quelque chose d’autre, cela pose un vrai problème que les théologiens n’ont jamais résolu.

Nos morts seraient donc sensibles aux misères des vivants, et peut-être vivants eux-mêmes, mais en d’autres lieux et d’une autre manière, ou tout du moins, capables de ressentir ce que nous, nous ressentons. 

Cette prérogative ne serait donc pas réservée à l’entité qui a créé ce monde.

Ainsi, les sentiments ‘vulgairement’ humains pourraient se retrouver ailleurs ; cela serait, sinon la preuve, du moins l’espérance que nos morts comprennent notre tristesse, en même temps que nous la ressentons, avec la même intensité, et qui plus est, ont le désir et la capacité de nous consoler.

Cette hypothèse est extrêmement rassurante, pleine d’espoir. Elle conforte la nécessité, quand nous tombons dans l'affliction d’un deuil ou d’une catastrophe, de réagir, de prier, de nous transposer, de nous élever vers ce nouveau niveau de conscience qui nous rapproche peu à peu de l’absolu et de la vérité.

DIEU n’est plus seul. Déjà entouré par ceux et celles que nous appelons les saints et les saintes, et que nous avons un peu tendance à adorer, à déifier, à travers des rites et des statues, DIEU aurait encore, en plus, autour de lui, tous les morts de l’univers qui eux-mêmes sont restés au contact des vivants. 

Cette réflexion, ce constat de notre tendance naturelle à multiplier les dieux de tous niveaux, pose le problème de l'unité de l’esprit supérieur, qui étant créateur et maître de tout, en même temps commencement et fin, devrait être tout ce qu’il a généré.

Encore une fois, ce n’est donc pas mon mort que je prie, mais c’est DIEU ; ce n’est pas l’être disparu qui me répond, ce n’est pas lui qui me donne satisfaction, ce n’est pas lui qui m’apporte le courage. Il n’est plus. Mais mon cerveau continue à croire qu’il est car cela je peux le comprendre, l’admettre, le quantifier ; car je peux ramener à une dimension humaine ce qui n’est pas perceptible en temps normal, que par mon imaginaire autant dire, ma foi. C’est donc à DIEU que je parle.

 

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DIEU, le mort, l’être vivant, ce triptyque isolé, personnalisé ou globalisé, forme un tout. Ce tout n’a en apparence aucun sens. Il est à la fois le bonheur suprême, peut-être, et le malheur infini. Une mère qui perd son enfant représente bien ce malheur qui n’a aucune raison d’être et qui a été imposé par le destin à un être qui ne le méritait pas, et qui ne peut le comprendre, car la capacité de sa compréhension n’est pas suffisante. Alors pourquoi, que se cache-t-il derrière cet évènement qui n’apporte à priori, rien au déroulement de l’existence, qui n’est même pas un avertissement, une épreuve à surmonter, un gage pour l’immortalité, car il n’y a aucune comparaison possible entre la précarité et la faiblesse de l’être humain et la Volonté Divine. Alors pourquoi imposer cette terrible punition qui ne peut que détruire définitivement tout espoir d’exister normalement.


On nous dit, ABRAHAM a obéi à DIEU. C’est parait-il la réponse à la question ! Cette obéissance aveugle et incompréhensible est le résumé de notre existence. 

C’est profondément injuste que d’avoir donné à l’homme, à la fois, la joie et la tristesse. C’est nier DIEU qui ne peut avoir en même temps créé le tout et son contraire. Cela conforte ceux qui ne croient en rien et qui considèrent que la vie n’est que matière, dans une matière qui elle-même n’est rien, qui n’est qu’apparence et n’a aucune finalité. 

Mais on ne peut s’arrêter là. Cela serait trop désespérant. Heureusement, il y a ce lien extraordinaire, incompréhensible, mais rassurant, entre ceux qui sont toujours là et tous ces morts que l’on prie, sans être sûr qu’ils entendent, n’ayant aucune réponse, sinon celle que fabrique notre cerveau. Quelques fois, un signe se révèle. Nous croyons que c’est un signe, une sorte d’apparition fulgurante qui éclaire subitement notre recherche comme pour lui donner un sens.

Nos morts ne sont pas morts. Ils sont aussi vivants que nous car ils sont nous... et DIEU !

Nos morts, nous, DIEU, une grande traînée cosmique qui traverse le ciel.

JLdL



26/02/2012
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