COURANT ALTERNATIF --- chroniques du Calavon

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Oublier sa tristesse - 1 -

Oublier sa tristesse - 1

 

Après des années de tristesse, malgré l’affection de votre entourage, vos souvenirs s’estompent. C’est comme une photo un peu floue, où vous pouvez deviner une présence sans vraiment la distinguer clairement. Cette image incomplète de l’être qui vous a quitté, vous réconforte et vous laisse penser que les liens ne sont pas rompus. Votre chagrin, aussi dur soit-il, vous est nécessaire pour faire perdurer le souvenir.

 

Le plus troublant, ce sont ces résurgences subites, ponctuelles, de petits événements de chaque jour de votre ancienne vie ; des lueurs fulgurantes d’un passé disparu. Pendant ces courts instants, vous reconnaissez celui que vous avez perdu ; vous revivez avec lui ; vous savez qu’il est là ; vous devinez que ces lumières dans votre cœur viennent d’ailleurs.

 

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La mort joue un rôle très important dans notre existence, ne serait-ce que parce que nous savons qu’elle est inéluctable ; qu’elle est le passage d’un état que nous connaissons, notre présence sur terre, à un autre état, mystérieux celui-là.

 

Mais elle a surtout un rôle essentiel, nous rappeler que notre situation d’être humain est parfaitement aléatoire et improbable, car ce qui compte ce n’est pas la vie, dans l’immensité du temps, c’est ce qu’il y a après.

 

Pour un incroyant, la vie disparait définitivement au moment de la mort car il n’y a pas d’âme. Pour qui a une foi religieuse, l’existence se termine par la transcendance qui suppose l’intervention d’un principe extérieur. La mort est porteuse d’une certitude d’éternité.

 

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Il est important pour vous d’être convaincu que vie et mort forment un tout ; que tristesses et joies sont des sentiments normaux attachés à la nature de notre existence. Ils compensent le vide affectif de votre nouvelle vie et participent à votre espérance de retrouver un jour celles et ceux qui vous ont quittés.

 

Il est bon de feuilleter le livre d’histoire des civilisations et de regarder le monde qui nous entoure. On ne peut alors que constater la fragilité de notre présence et de nos œuvres ; mais en même temps la pérennité de l’être, non pas dans son individualité, mais dans sa globalité. L’arbre de la vie est comme un chêne qui régulièrement perd ses feuilles, puis refait des bourgeons, sème des glands ; deuils et naissances ; ruines dans les pierres servent à reconstruire ; vie et mort qui coexistent sur une même branche, se côtoient, sont, pour que l’autre existe.

 

Notre deuil est dans la sève de l’arbre. Le jour où une feuille tombe, une autre se prépare ; tristesse et bonheur se mélangent…

 

J-LdL



22/07/2018
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