COURANT ALTERNATIF --- chroniques du Calavon

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Parler avec les morts

Parler avec les morts

Le réflexe habituel de tous ceux qui perdent un être cher est de “parler” avec leur disparu, et cela peut durer pendant des années. C’est à l’évidence un grand réconfort que de le faire ! Souvent, on finit par croire qu’il est répondu à nos prières, nos demandes ; il se crée alors une sorte de dialogue totalement irrationnel avec la personne que nous pleurons !


Cette attitude relève peut-être d’une sensibilité exacerbée, d’un émotionnel qui s’est déséquilibré. A la limite c’est une espèce de folie douce... Et si ce n’était pas de la folie !

 

Bien des religions prennent en compte ce phénomène, l’intégrant à leur problématique ; l’image que l’on se fait des morts accueillis au Ciel par un Dieu plein d’Amour est tellement forte, tellement rassurante, que c’est un bon argument religieux. Il nous est promis de retrouver tous ceux que l’on a perdu. La mort n’est donc plus le dernier acte de cette tragédie qu’est la vie, mais une simple étape.


On peut tout de même se poser la question de savoir si oui ou non, ce traumatisme de la perte, n’aurait-il pas provoqué un processus qui s’apparente à une sorte de folie douce. Tout ce qui va arriver maintenant, se passe dans le cerveau où une tristesse profonde déclenche un système d’auto-consolation, dont le but est de rétablir l’ordre dans ce bouleversement des neurones.


Le dialogue qui s’instaure avec nos morts est en vérité un monologue. L’acteur principal se dédouble pour faire questions et réponses. Il sait que tout est perdu s’il se contente de parler dans le vide. Il ne peut admettre qu’il est seul avec son deuil, car cela remet en cause sa propre vie, qui ne lui sert plus à grand chose, à partir du moment où sa raison principale d’exister a disparu ; il vient subitement de prendre conscience de la fragilité dramatique de son existence, d’une existence qui ne serait qu’un minuscule passage sur cette terre, une réalité inutile et éphémère dont le seul espoir réside dans l’au-delà.


Seule chance, seule question fondamentale qui se pose alors : notre tristesse est-elle partagée par celui ou celle qui nous a quitté ?

 

JldL



06/01/2012
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