COURANT ALTERNATIF --- chroniques du Calavon

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Réponse à Madame... (1)

Réponse à Madame...  (1)

QUESTION : Ne croyez-vous pas que les religions par leurs excès de cérémonials et de fabulations, ainsi que par leurs combats perpétuels entre elles, font beaucoup de mal au sentiment de foi et qu’elles poussent souvent à ne plus croire en rien ?

REPONSE : Il est vrai Madame que lorsque nous écoutons certains sermons dans nos églises, temples, mosquées ou synagogues, nous pouvons avoir l’impression que ce que l’on nous raconte est d’une grande naïveté. Dieu est présenté comme un super-chef de guerre, ou un empereur romain, ou encore un généreux donateur de grâces et de vertus. Dieu serait bon, triste de contempler la condition humaine, Dieu serait pardon et compassion, Dieu serait aussi punition, colère, purgatoire et enfer...

Les religions pour perdurer sont fondamentalement intolérantes ; pour se faire comprendre, pour recruter des adeptes, elles ont besoin de discours vigoureux, d’une phraséologie particulière et de belles histoires, des mystères et des miracles.

Elles ont aussi besoin d’églises, de prêtres, d’imams, de pasteurs pour haranguer les foules, inventer des prières, convaincre, répéter que ceux qui pleurent seront consolés, que ceux qui souffrent seront guéris et que ceux qui croient gagneront le paradis.

Et nous avons besoin de tout cela pour vivre, pour comprendre et accepter la mort. 

Toutes ces religions ont un rôle moral et social ; elles participent souvent à la paix sur la terre et à ce besoin, cette nécessité d’amour que nous devons avoir les uns pour les autres. Mais hélas, elles nourrissent aussi, en leur sein, des haines et des intolérances, dont les guerres et les massacres sont innombrables.

Elles devraient être la garantie d’une certaine morale, mais que signifie le mot ‘morale’ dans un monde où nous sommes menés par l’instinct de reproduction et de puissance et où la lutte pour la vie est obligatoire.

Non Madame, je ne suis pas pessimiste, j’essaye d’être réaliste et de décrire la société et le monde tels qu’ils sont.

Je suis convaincu que dans le malheur il ne nous reste plus, souvent, que la prière pour survivre, mais que cette prière est totalement surréaliste, qu’elle nous apaise parce que nous possédons au fond de nous-même cette faculté de nous apaiser, qu’elle nous rassure parce que au fond de nous-même nous avons cet instinct de nous protéger.

Mais il faut comprendre que pour faire admettre qu’il y a un Dieu, des anges et des saints, il faut inventer ce Dieu, ces anges et ces saints. Inventer de belles et de moins belles histoires, matérialiser le virtuel, faire rêver.

Il faut que vous puissiez abandonner ce complexe, cette idée totalement farfelue et destructrice du péché originel qui essaye de justifier les malheurs et les misères de la condition humaine.

Il faut que vous abandonniez l’image d’un Dieu homme, car il n’est pas homme, il n’est pas sentiments, il n’est ni amour ni haine et en même temps il est tout cela, il est quelque chose de mystérieux, de phénoménal, une espèce d’énergie cosmique que l’on ne peut ni décrire, ni appréhender.


Dieu a été réduit à une figure humaine par des humains qui ne savaient comment en parler, alors que pourtant il est en eux. Petite parcelle de cette énergie grandiose qui nous rend immortel, même dans la mort, justement dans cette mort, autre dimension qui n’a pas de mesure ; mais que représente notre vie dans cette démesure indescriptible, dans cette infinité de temps. Qu’importent ces religions qui croient en un Dieu rédempteur, en un Dieu d’Amour ! Elles ne sont que des constructions humaines réalisées par des architectes qui ne sont que des hommes.

Aujourd’hui nous n’avons ni l’intelligence, ni les mots pour décrire cette réalité qui n’est peut-être qu’une chimère, mais qui n’est pas illusion puisque nous y pensons.

J-LdL



01/07/2013
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