COURANT ALTERNATIF --- chroniques du Calavon

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Vie et Mort

Vie et mort.

        Les mots VIE et MORT ont un sens quand ils sont prononcés par l’être humain, parce qu’il leur donne une dimension et un espace. Mais ils ne veulent plus rien dire si on regarde l’univers, où ces 2 notions se chevauchent, se complètent en permanence, dans le déroulement d’un processus global où vie et mort sont des références purement virtuelles à l’échelle de l’infini.

        Sur terre, la vie ne vaut pas cher ! Guerres, catastrophes naturelles, maladies et épidémies et autres bonnes raisons tel le vieillissement, nous poussent vers la mort. Celle-ci est inéluctable et peut-être nécessaire.

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        Tout est condamné à mourir : les arbres et les plantes, les animaux, tout ce qui est, terres ou astres, posés là, non pour durer, mais pour se reproduire et partir.

        Mais cette mort n’est pas le point final, car il n’y a pas de fin, il n’y a que des recommencements. La matière se nourrit de sa propre mort pour revivre. L’être humain, quant à lui, féconde l’humanité avant de disparaître vers le cosmos.

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        Personne ne peut se vanter de savoir d’où vient l’homme et pourquoi il est venu. Personne ne peut confirmer qu’il y a eu un commencement. Personne ne devrait pouvoir contester que cette construction charnelle qui permet à l’homme de se tenir debout, n’est qu’une enveloppe temporaire et fragile, une apparence.

        L’être humain se projette d’une manière permanente en dehors de lui-même par l’action et par ses pensées, car il a pleinement conscience de ses faiblesses. Il devine que la vérité se trouve en dehors de sa réalité physique, en dehors d’une condition trop aliénante.

        Il découvre peu à peu la relativité de son destin et de tout ce qui l’entoure, par rapport à l’infiniment grand et à l’infiniment petit des univers. Il constate qu’il n’est qu’une minuscule étape dans le déroulement d’une problématique, où vies et morts s’accumulent. Cela ne peut que le confirmer dans son espérance intuitive, qu’il connaîtra un jour le pourquoi de son expérience humaine, après avoir rejoint le monde mystérieux des énergies cosmiques.

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        L’être humain est-il solitaire dans cette aventure dont l’histoire est écrite, bien avant sa naissance ? Il a déjà tout en lui et de générations en générations, de nouveaux domaines s’ouvrent à sa pensée et à ses actions, dans une cohérence dont le mécanisme ne nous est pas encore révélé ; mais avec cependant le pressentiment que la nébuleuse des énergies cosmiques dans laquelle nous baignons joue un rôle fondamental : il ne peut en être autrement car il est impensable que nous ayons été abandonnés sur cette terre avec comme seule mission : naître, nous reproduire et mourir, puis disparaître à jamais. Cette situation d’abandon serait totalement traumatisante si notre pensée n’était pas capable d’imaginer autre chose ; si elle n’avait la capacité de créer le rêve et l’espérance ; si on ne pouvait admettre une certaine transcendance dans la présence humaine sur terre.

        Cette dernière hypothèse qui suppose l’intervention d’un principe extérieur d’une réalité irréductible, a été exploitée pour essayer d’expliquer les rapports entre l’être humain et un pouvoir surnaturel. Nombreuses sont les religions qui ont tenté de rassurer les hommes en leur proposant l’espoir d’un paradis, c’est-à-dire d’un royaume où tous les morts sont rassemblés autour d’un Dieu.

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        L’homme vient de nulle part car dans cette immensité il n’y a pas d’endroits ; tout n’est qu’espace et chaque partie de cet espace est identique au tout. La vie est née là, et ailleurs, et finalement nulle part.

        Cette notion un peu ésotérique cherche à montrer que dans l’univers, dont les dimensions dépassent notre entendement, il n’y a pas de système de référence  ; et que donc se définir par rapport à notre terre n’est pas possible ; et donner à l’homme une dimension particulière revient à dire qu’il est universel.

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        L’homme serait donc une énergie extraordinaire enfantée par l’énergie cosmique qui contient tout, qui est le tout ; mais il ne serait pas au centre du monde, mais seulement, appartenant à ce monde, au même titre que d’autres espèces, avec cependant des capacités différentes.

        L’étonnante ambiguïté, certains ont dit, absurdité, d’une vie qui ne dure même pas une nano-seconde par rapport à l’éternité de la mort, nous oblige à considérer d’une manière plus critique notre présence sur la terre : celle-çi n’est pas fondamentale si on se réfère à son unicité ; on peut même dire qu’elle n’existe pas dans l’espace-temps, elle n’est qu’une énergie de passage.

        Si on pense que l’empreinte d’un individu ne doit être appréciée que par son intégration au mouvement perpétuel des générations, nous pouvons mieux comprendre, mais cette découverte est particulièrement décourageante. De même que le chêne n’est que pour la forêt, la fourmi pour la fourmillière, l’abeille pour son essaim, l’être humain ne serait qu’un pion au service de l’existence et de la pérennité de l’humanité.

        A peine né, il aurait déjà en lui l’exacte valeur de ce qu’on lui demande ; elle serait peu à peu révélée au fur et à mesure de son intégration dans une systémique, au profit d’un universalisme, seule raison de justifier l’individu.

        Mais c’est sans compter sur la mort qui accompagne toutes les destinées, car elle participe elle aussi, elle d’abord, à la continuité de l’énergie cosmique ; parce que c’est par elle que l’on peut comprendre l’intérêt que l’on doit porter à l’être humain.

        Il ne s’agit pas de vouloir cette mort, ni même de l’attendre. Elle fait tellement partie de la vie que son heure, déjà programmée, ne pourra nous surprendre ! Elle est là, heureusement pour corriger l’absurdité de la vie, car elle lui donne un sens ; l’espoir d’un infini, débarrassé des contingences terrestres.

        Or, on ne peut croire que l’évolution de l’homme est acquise par lui-même au fur et à mesure de sa vie uniquement grâce à son intelligence et à son instinct ; il est donc inspiré, il profite des expériences cumulées de toutes les générations et de toutes les civilisations qui l’ont précédé. Mais il ne reste en effet qu’une simple utilité d’un niveau plus ou moins essentiel, car tous les acteurs comptent dans ce spectacle qu’est la vie. Mais il est un être humain et il ne peut se satisfaire de n’être que cela, car il a conscience qu’il participe à un autre destin, autrement plus valorisant et essentiel ; et surtout infini, c’est-à-dire hors du temps et de l’espace.

        Une question sans réponse reste posée, lancinante, pourquoi un être humain, pourquoi une présence si insignifiante ; pourquoi sommes-nous perdus dans ce monde incompréhensible ?

        La réponse serait-elle dans cette révélation essentielle qui nous ouvre la voie vers une nouvelle lumière, et qui nous fait comprendre que la mort est mille fois plus importante que la vie.

        Les anciens croyaient, paraît-il, qu’ils trouveraient le paradis sur terre, et que ce paradis ressemblait à ce dont il rêvait en implorant leurs dieux : amour, richesse, plaisirs infinis, fraternité.  Ces perspectives permettaient d’accepter sinon de comprendre la mort qui n’était cependant pas une véritable rupture : le grand voyage vers on ne sait où était préparé, organisé.

        Avec la disparition progressive des divinités et l’arrivée d’autres religions importantes comme le Christianisme et le reconnaissance d’un dieu unique, tout va changer : Le Paradis sera après la mort.

 

J-LdL





21/01/2015
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