COURANT ALTERNATIF --- chroniques du Calavon

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Voter Hollande ou Mélenchon ?

Voter Hollande ou voter Mélenchon ?

Mr Mélenchon, grâce à un sens aigu de la communication : dialectique un peu simpliste mais percutante, discours fleuris et dynamiques, atteint aujourd’hui des pourcentages intéressants dans les sondages d’opinions.

Rien de bien neuf !

Beaucoup de Français souffrent des conséquences des crises successives et de l’incapacité de la France et de l’Europe à diminuer le chômage. Il y a, hélas, beaucoup de nouveaux pauvres qui se retournent naturellement vers le seul candidat qui, apparemment, promet de s’occuper d’eux.

En fait, on retrouve peu à peu les anciennes performances du parti communiste et des extrêmes gauches diverses, que ni leurs successeurs, ni Mr Besancenot, ni Eva Joly n’ont réussi à attirer vers eux. Les premiers car ils n’ont aucun charisme et un discours très mal ficelé, la seconde parce qu’elle n’est à l’évidence pas faite pour se lancer dans la politique.

Cette situation est d’autant plus embarrassante pour Mr Hollande, que Mr Mélenchon a affiché clairement qu’il portera ses voix sur le candidat socialiste si celui-ci est au 2ème tour.

Pour le premier tour, Mr Mélenchon prend des voix à Hollande. Lui au moins, il est clair, précis, il représente la vraie gauche et l’extrême gauche révolutionnaire. Il est capable de faire croire qu’il défendra la classe ouvrière, les besogneux, alors qu’il n’est qu’un bourgeois nanti. Il parle avec son coeur même s’il s’agit d’un coeur artificiel et d’une gesticulation un peu ridicule.

Et le pauvre Hollande, dans tout cela, voyant le danger, se débarrasse peu à peu de sa teinture de social-démocrate, essaye mais en vain, avec des promesses intenables de se gauchiser, fait des grands gestes sur les estrades pour montrer que lui aussi est un tribun.

Là où le problème se pose c’est pour le deuxième tour. Mélenchon rejoignant Hollande, la donne n’est plus la même. Les Français qui se disaient :
“Après tout, Hollande, c’est un socialiste modéré, il fera comme Mitterrand, deux ans lui suffiront pour rejoindre un certain social libéralisme.”
Ces Français voyant l’ombre de Mélenchon derrière Hollande vont prendre peur et se dire que finalement leur projet initial n’était peut-être pas très prudent.

Quant aux électeurs de Bayrou, lesquels, nous l’avons écrit, sont essentiellement de gauche et anti-Sarkozy par principe, ils ne vont pas non plus se ruer vers une hypothèse où le conflit va être permanent, entre un socialiste mou et incompétent et un gaucho-communiste conquérant. Ils savent qu’ils n’auront pas de place.

Tout cela ne veut pas dire que Nicolas Sarkozy va l’emporter de beaucoup au deuxième tour. Il faudra compter sur une abstention qui défavorise toujours la droite ; sur une petite partie de la droite qui déteste Sarkozy ; sur un pourcentage important de la gauche votant systématiquement à gauche quelles que soient les circonstances.

Mais Nicolas Sarkozy va gagner. Il va poursuivre ses réformes. Il n’y aura plus aucun cadeau, ni aux uns, ni aux autres ; les mouvements sociaux vont se développer ; quelques fonctionnaires, des syndicalistes, des représentants d’associations vont essayer de contrer ses actions. Cela ne durera qu’un temps et le cours de l’histoire du renouveau de la France pourra se développer à nouveau.

Nicolas Sarkozy devra réparer une promesse non tenue (ce n’est pas totalement de sa faute), redonner du travail aux chômeurs, car le chômage c’est vraiment la gangrène de la société, le mal générateur de tous les vices, de toutes les haines, de toutes les insécurités, de toutes les misères.

Sa chance de réussite sera nulle si le patronat, de la plus petite jusqu’à la plus grande entreprise, n’est pas capable de comprendre que son personnel a le droit au respect, à des conditions de travail valorisantes, à un salaire qui assure une certaine qualité de vie. Notre pays est miné par ces responsables qui ne pensent qu’à s’enrichir le plus vite possible ; par le travail au noir qui représente 35 % de l’économie ; par des contraintes administratives et fiscales qui freinent tout développement.

Alors Hollande ou Mélenchon ? C’est exactement la même chose. L’un comme l’autre, ne fera qu’accélérer la décadence de la France.

JLdL



08/04/2012
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